J’ai découvert Abbeville le dernier jour d’un périple en Baie de Somme. Je m’y étais rendue pour faire le plein de carburant et prendre un déjeuner avant de préparer mes valises pour retourner en Belgique.
De cette ville, je ne ne connaissais que le nom et sa proximité avec la Baie. Mais, en la parcourant, je me suis rendue compte que cette cité était bien plus qu’un nom sur une carte et qu’elle recelait des lieux dignes d’intérêt. Si, je n’avais pas prévu de faire des visites cette après-midi là, j’ai tout de même pris le temps de partir à la découverte de quelques incontournables.

Que faire et que voir à Abbeville ?
La collégiale Saint-Vulfran
La collégiale Saint-Vulfran (Parvis Saint-Vulfran) est un édifice, de style gothique flamboyant, classé Monument Historique. La construction de la collégiale a débuté à la fin du XVe siècle, sur l’emplacement d’une église paroissiale. Elle s’est achevée au XVIIe siècle. La collégiale a subi des dégradations, en mai 1940, lors d’un bombardement allemand. En partie restaurée, on peut encore apercevoir, à l’arrière du bâtiment, des traces de ces destructions.
Sa magnifique façade, en dentelle de pierre, est encadrée par deux tours dotées de deux tourelles de guet de plus de 55 mètres de hauteur. Quant à son portail, il est de style renaissance. Victor Hugo n’a pas hésité à décrire ce pignon comme une « vieille façade rongée par la bise et par la lune ». N’en déplaise à ce célèbre auteur, je trouve que cette majestueuse façade, ouvragée et patinée par les ans, donne à l’édifice une allure de cathédrale.
J’ai visité cet édifice en pleine canicule. C’était l’occasion rêvée pour me rafraîchir un peu et admirer les retables des chapelles latérales et les vitraux contemporains. Attention, l’église ouvre ses portes à 14 h !



L’église du Saint-Sépulcre
L’église du Saint-Sépulcre (Place Saint-Sépulcre) est une collégiale, de style gothique flamboyant, classée Monument Historique, en 1907. Selon une légende, Guy de Ponthieu souhaitait participer à la première croisade, en 1095. Dans ce but, il aurait amené, à Abbeville, des chevaliers du Nord pour les faire passer en revue par Godefroy de Bouillon. Pour fêter cet évènement, une église aurait été bâtie à l’endroit de ce rassemblement. Mais, peu de traces ont été retrouvées quant à cette église.
Quoiqu’il en soit, la construction de l’église actuelle a débuté au XVe siècle. Comme la plupart des édifices anciens, sa longue vie a été ponctuée de réparations. Endommagée par les bombardements de mai 1940, sa restauration n’a réellement débuté que dans les années 1970.
En 1982, Alfred Manessier, peintre et enfant du pays, est chargé de créer de nouveaux vitraux. L’artiste choisit le thème de la victoire de la vie sur la mort et fait réaliser sa verrière par l’atelier Lorin à Chartres. Ces vitraux modernes, avec leurs nombreux verres colorés, baignent le bâtiment religieux dans une agréable symphonie chromatique favorable au recueillement.



La porte de l’ancien couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines (chaussée du Bois), construit au 17e siècle, a été l’un des plus beaux exemples de l’architecture du XVIIe siècle, à Abbeville. Les bâtiments claustraux et la chapelle du couvent ont été inscrits aux Monuments Historiques, en mai 1926.
L’établissement a connu diverses affectations au cours des siècles. Couvent à partir de 1642, devenu collège public ensuite, il a été réquisitionné, en 1939, pour abriter un hôpital militaire avant d’être bombardé, en mai 1940.
Aujourd’hui, ne subsistent que le portail de la chapelle et une partie des façades du cloître. La façade de la chapelle a été, en partie, restaurée. J’ai découvert cet édifice en poursuivant ma balade au-delà de la place Max Lejeune. Quelle n’a pas été ma surprise de le voir aussi bien mis en valeur !

Le beffroi
Au Moyen Âge, les beffrois symbolisaient les libertés communales accordées par un suzerain et rythmaient la vie civile. Le beffroi d’Abbeville (24, rue Gontier Patin), construit en 1209, est l’un des plus anciens beffrois de France. Il est d’ailleurs classé, depuis 2007, au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sa tour culmine à 27 mètres de hauteur et, à sa base, ses murs ont une épaisseur de 2,30 mètres. A l’intérieur de l’édifice, on peut découvrir une salle échevinale, des cachots et une salle du trésor. Cette dernière renfermait la charte communale, le trésor et le sceau de la commune. Des cloches, dans le sommet de la tour, avertissaient la population d’un danger.
Comme le restant de la ville, le beffroi a pas échappé aux bombardements de 194O. Presque entièrement détruit, d’importants travaux de restauration on été entrepris en respectant, au mieux, son apparence d’origine. Sa remise en état s’est achevée en 1986.
Le saviez-vous ? La région recèle des trésors d’archéologique et historiques. Jacques Boucher-de-Perthes, un archéologue local, a rassemblé une belle collection d’artefacts provenant de ses fouilles. Cette collection, couplée avec une collection de la ville, est présentée dans le beffroi sous le nom de musée de Boucher de Perthes. Dans ses salles, vous pourrez découvrir des peintures et des sculptures anciennes, de la céramique et des objets préhistoriques. Ce petit musée ludique est agréable à visiter.

Les bains-douches
Les bains publics existaient déjà dans les villes antiques. Mais, depuis l’Antiquité, l’hygiène a été quelque peu délaissée. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir apparaître un puissant courant hygiéniste favorable au bien-être social et à la santé publique.
C’est sont les Caisses d’Épargne qui vont financer la construction de bains-douches dans les villes françaises. Ces thermes seront tous bâtis de la même façon : un mélange de pierres meulières et de briques, un fronton en demi-cercle sur lequel on peut lire l’inscription « Fondés par la Caisse d’Épargne ».
Les Bains-Douches d’Abbeville ( 20, rue Jules Magnier ),ont été construits entre 1909 –1910. Ils ont été inscrits aux Monuments Historiques, en juillet 2003. Vendus par la mairie, en 2005, ils abritent depuis un salon de coiffure. Les baignoires, les cabines de douches ainsi que d’autres éléments d’origine ont été conservés.
À l’intérieur, des vitraux, de style Art Nouveau, sont encore visibles. Pour les admirer, il vous faudra l’autorisation du patron du salon de coiffure

La gare
La Gare actuelle (place de la gare) a été édifiée en 1855. Ce bâtiment, fait de briques rouges et de bois, a subi quelques modifications et un agrandissement, en 1912.
L’architecture de la gare fait écho au style des villas de bord de mer. Il faut dire qu’à la Belle Époque, la côte picarde a connu un afflux de curistes parisiens en quête de bains de mer. Ces vacanciers de la première heure ont envahi des stations touristiques comme Saint-Valery-sur-Somme, Le Crotoy ou Mers-les-Bains. Les trains ont donc joué un rôle important en facilitant ces transhumances.
La gare a échappé aux outrages des ans et aux bombardements de 1940 pour nous parvenir intacte ou presque. En décembre 1984, elle a été honorée par une inscription au titre des Monuments Historiques.

Que voir d’autre à Abbeville ?
☑️ Le Jardin de l’Hôtel d’Emonville (26, place Clemenceau) : Ce jardin,datant du XIXe siècle et de style anglo-chinois, à une superficie de 1,5 hectares. Il est le lieu idéal pour la promenade et la détente. L’hôtel attenant date de 1860.
☑️ Le théâtre municipal (Boulevard Vauban) : Il a été construit au début du XXe siècle. La première grande représentation d’après guerre, en 1919, fut La Traviata. L’édifice possède l’une des rares salles à l’italienne du nord de la France.
☑️ Le Carmel (34 – 36 rue des Capucins) : L’ancien monastère des Carmélites est devenu un lieu culturel. On y organise des concerts, des expositions et des visites commentées des espaces historiques. Il possède aussi un beau jardin entouré de hauts murs.
☑️ L’Église Saint-Gilles (Rue Saint-Gilles) : L’église a été bâtie entre 1485 et 1528. Dégradée lors de la Révolution française et de la Seconde Guerre Mondiale, elle sera restaurée dans un style contemporain.
☑️ Le Château de Bagatelle (131-133 route de Paris) : Le château, de style baroque, date du XVIIIe siècle. Il possède un parc compose d’un jardin à la française datant du XVIIIe siècle, d’un jardin à l’anglaise conçu de 1810 à 1847, d’un arboretum et d’un potager.
Où manger à Abbeville ?
☑️ La Mie Câline (26 place max lejeune) : Cette boulangerie-pâtisserie-sandwicherie propose un grand choix de repas froids ou chauds. C’est là que j’ai fait ma pause-déjeuner, confortablement installée sur la terrasse. Je recommande cet établissement.
Mon avis sur ma balade à Abbeville
Comme je l’ai dit plus haut, je me suis rendue à Abbeville pour faire quelques emplettes et prendre mon déjeuner. Lorsque j’ai aperçu la collégiale, je n’ai pas hésité à étirer ma pause-déjeuner pour partir à la découverte de la ville. J’ai particulièrement apprécié la place Max Lejeune, joliment fleurie, ainsi que l’originalité du beffroi accolé à la mairie.
En me promenant le long de la chaussée du Bois, j’ai aperçu une maison avec des colombages. Je pense qu’elle doit dater du XVIe siècle. La ville abrite quelques perles, fondues dans le paysage, qui méritent pourtant que l’on s’y attarde.
En définitive, je pense que les autorités d’Abbeville font des efforts pour offrir aux visiteurs une cité agréable et soucieuse de son patrimoine historique. De ce côté là, c’est une réussite !
Lien utile : Tourisme Baie de Somme
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