C’est dans le magnifique cadre de l’Abbaye de Stavelot que le musée Guillaume Apollinaire a pris ses quartiers. Mais qui était Guillaume Apollinaire et quel lien a t-il eu avec le ville de Stavelot ?
Pour en savoir un peu plus sur ce célèbre personnage, je vous invite à me suivre dans le musée qui lui est consacré.

Guillaume Apollinaire en quelques mots
Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky nait, à Rome, en août 1880, d’un père italien et d’une mère polonaise. En 1899, après un séjour de trois mois, à Stavelot, il s’installe, avec sa mère, à Paris. Il travaille comme employé de banque et compose ses premiers poèmes.
En 1901, il part comme précepteur en Allemagne où il découvre les légendes et les paysages rhénans. De retour à Paris, en 1902, il publie l’Hérésiaque. Il se lie d’amitié avec des artistes comme le Douanier Rousseau, Maurice de Vlaminck et Pablo Picasso.
En 1907, le peintre Marie Laurencin devient sa muse. Elle le restera jusqu’en 1912. Guillaume Apollinaire est, tour à tour, journaliste, poète, critique d’art et conférencier. En 1913, il publie Alcools et Peintres cubistes, méditations esthétiques. Il est considéré comme un précurseur du surréalisme dont il a créé le nom.
En 1914, il s’engage dans l’armée française. Blessé à la tête, en 1916, il est retiré du front et affecté dans un ministère. En 1918, il épouse Jacqueline Kolb et publie Calligrammes, des poèmes en forme de dessins. Il meurt, le 9 novembre 1918, des suites de la grippe espagnole.

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Création du musée Guillaune Apollinaire
Le séjour du poète à Stavelot, en 1899, a marqué l’esprit des stavelotains. Dans les années 50, Armand Huysmans et Camille Deleclos redécouvrent le poète et le mettent à l’honneur. Ils fondent l’« Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire ».
Dans la foulée, ils créent un musée, le seul au monde dédié à cet auteur. L’espace muséal ouvre ses portes à Stavelot, en 1954, dans l’ancienne pension Constant. Cette maison avait hébergé, en 1899, le jeune homme et son frère.



Transfert du musée Guillaume Apollinaire
En 2002, le musée déménage dans les murs de l’Abbaye Saint Remacle. Depuis, son contenu n’a cessé de s’enrichir et sa scénographie a été mise au goût du jour. Il compte plus de 1000 ouvrages de et sur Guillaume Apollinaire et est accessible aux étudiants et aux chercheurs.
L’espace, divisé en quatre parties, aborde les moments les plus importants de la vie du poète.



Les quatre espaces du musée Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire à Stavelot
De la mi-juillet jusqu’au 5 octobre 1899, Guillaume Apollinaire et son frère logent à Stavelot, dans une pension appartenant à la famille Constant.
Pendant que sa mère tente de faire fortune au Casino de Spa, le poète découvre l’Ardenne. Il va à la rencontre des habitants, apprend quelques mots de wallon et tombe amoureux de Maria Dubois. Il lui écrit des acrostiches. Mais, la jeune femme se moque de lui et le repousse.
Le dernier jour de leurs vacances, les deux garçons quittent la pension sans payer la note! Les Stavelotains sont fâchés et le poète est bien décidé à ne plus remettre les pieds dans cette ville. Cet intermède belge sera une source d’inspiration pour ses écrits. Le musée possède quelques documents relatifs à cette période.




Le poète et la Grande Guerre
Durant cette période troublée, Apollinaire rencontre plusieurs femmes dont il tombe amoureux : Louise de Coligny-Châtillon (Lou), Madeleine Pagès et la poétesse Jeanne Burgues-Brun. Ces relations ne durent pas mais les lettres d’amour enflammées du poète seront publiées à titre posthume.
La guerre n’empêche pas Apollinaire d’écrire. Après le Poète assassiné, publié en 1915, il invente le terme de surréalisme, apprend l’aquarelle, entame un roman, un scénario de film et monte une pièce de théâtre : Les Mamelles de Tirésias.
En 1918. Il publie son nouveau recueil de poésies, Calligrammes.




Un auteur prolifique
Guillaume Apollinaire est un auteur vraiment prolifique et « touche-à-tout ». Pour prouver que l’ « on peut être poète dans tous les domaines », Apollinaire convie ses confrères à explorer le monde du cinéma. Il montre l’exemple en écrivant, en 1917, La Bréhatine, un scénario.
Dans les vitrines du musée, ont peut apercevoir des livres, des manuscrits raturés, des calligrammes, des lettres, un cahier de poésie et des croquis.





Guillaume Apollinaire, l’ami des peintres
Après ses vacances en Belgique, le poète revient à Paris. Il fréquente certains milieux littéraires et se lie d’amitié avec des peintres comme le Douanier Rousseau, Maurice de Vlaminck et Pablo Picasso. Il les soutient dans leurs parcours artistiques en publiant des critiques d’art. Pour le remercier de ses élogieux commentaires, des artistes lui offrent des toiles.
De 1907 jusqu’en 1912, le peintre Marie Laurencin devient sa muse. Apollinaire défend sa peinture dans ses critiques. Comme on peut le voir, Apollinaire est aussi un fervent défenseur de l’avant-garde, en peinture comme en poésie.




Sous le Pont Mirabeau
J’ai fait la connaissance d’Apollinaire lors de mes études secondaires. J’ai même dû apprendre par cœur Sous le Pont Mirabeau, l’un de ses plus beaux poèmes.
Sur une vidéo, on peut entendre le poète réciter son œuvre. Sa voix, monocorde et tragique, reflète bien sa sensibilité.
Visite en images du musée Guillaume Apollinaire
Que faire d’autre à Stavelot ?
Voici 2 autres découvertes à réaliser.
☑️ Le Site de la Cascade de Coo : Visite de la cascade, de son parc d’attractions.
☑️ Le Circuit de Spa-Francorchamps : Un incontournable pour les amateurs de belles mécaniques.
Stavelot regorge d’activités de plain air ainsi que de nombreux événements culturels, folkloriques et sportifs.
Mon avis
J’ai trouvé ce musée vraiment intéressant et agréable à visiter. C’est un bel hommage rendu à l’un des poètes français les plus importants du XXe siècle. Le créneau horaire imposé en raison du COVID-19 et le beau temps avaient eu raison des visiteurs. J’ai pu déambuler dans les salles sans rencontrer âme qui vive!
Je recommande cette visite.
Quant aux calligrammes, ils sont toujours dans l’air du temps. Il n’est pas rare de voir une publicité présentée dans un dessin. Dans une campagne publicitaire, la marque Ricard n’a pas hésité à utiliser le calligramme pour représenter les éléments fondateurs de l’identité de la marque tels que le verre ballon ou le pichet Ricard.

Des manuscrits inédits
Pout les fans d’Apollinaire, voici une heureuse nouvelle. Collectionneur de manuscrits d’écrivains, le poète Carl Norac, originaire de Mons, va offrir au musée des pièces autographes d’Apollinaire dont une des « Lettres à Lou » inédite.
Pour marquer cet évènement, le poète fera une causerie sur Guillaume Apollinaire le 24 octobre 2021, à 15 h, au musée Apollinaire de l’Abbaye de Stavelot. L’ entrée (sur réservation) est de 10 euros.
Lien utile => Musée Guillaume Apollinaire Stavelot
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Mise à jour le 17/10/2021