Le camp de concentration de Mauthausen se situe en Haute-Autriche, à quelques kilomètres de la ville de Mauthausen et à une vingtaine de kilomètres de Linz.
Les premiers prisonniers arrivent en mars 1938, peu de temps après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne.
Le site a tout pour plaire aux Nazis. Bordé par le Danube, il surplombe une imposante carrière de granite : la Wiener Graben.

La création du camp du Mauthausen
Sa construction débute en juillet 1938. Les Allemands emploient quelques centaines de prisonniers de droit commun provenant du camp de Dachau.




La population du camp de Mauthausen
Au fil des mois, le nombre de prisonniers s’accroît. En décembre 1939, le camp compte déjà près de 3.000 détenus.
Aux prisonniers de droit commun viennent s’ajouter des prisonniers politiques, des Républicains espagnols, des opposants, des résistants, des prisonniers militaires anglais et américains et même des femmes et des enfants.
A partir du milieu de l’année 1944, le camp recueille des Juifs évacués des camps polonais.

L’organisation dans le camp de Mauthausen
Début 1941, l’administration SS classe le camp de Mauthausen dans la « catégorie 3 ». Cette catégorie correspond au régime le plus dur. Il est destiné aux grands criminels, aux récidivistes, aux asociaux et aux « irrécupérables ».
Ces personnes, considérées comme « NN », n’ont aucune chance de sortie. Elles sont exterminées par le travail et les mauvais traitements.
Le camp principal s’articule autour d’une grande place d’appel rectangulaire.
Sur la droite, le long du mur externe, se trouvent différents bâtiments : les cuisines, les douches, la laverie, le Revier ( infirmerie), la prison, une chambre à gaz et de fours crématoires.
À l’opposé de ces bâtiments, se dressent une quinzaine de blocks d’habitation.



L’escalier de la mort à Mauthausen
Dans la carrière « Wiener Graben », les prisonniers sont divisés en deux groupes ; ceux qui doivent extraire le granit et ceux qui doivent porter les pierres hors de la carrière.
Pour atteindre le camp, les détenus doivent gravir 186 marches en portant de lourds blocs de pierre. Épuisés et battus, beaucoup perdent la vie dans cet escalier qu’ils surnomment « l’escalier de la Mort ».

Le mur des parachutistes à Mauthausen
Non loin de cet escalier, se trouve un rocher à pic que les SS appellent le « mur des parachutistes ».Ils obligent des malheureux à sauter dans le vide sachant qu’ils vont s’écraser en contrebas.Beaucoup de Juifs hollandais perdent la vie de cette façon.

Le mur des lamentations à Mauthausen
Dès l’entrée dans le camp, les prisonniers doivent s’aligner le long de la muraille, à la droite du porche d’entrée. Ensuite, ils attendent pendant de longues heures avant de subir des interrogatoires pénibles.
Certains sont attachés à des anneaux scellés dans la muraille pour être questionnés ou battus à mort. C’est le début de la déshumanisation. Ce mur, dont les anneaux sont toujours visibles, est surnommé, par les prisonniers, le « mur des lamentations ».

Mourir gelé dans le camp de Mauthausen
Les SS prennent aussi plaisir à réunir, en plein hiver, des prisonniers complètement nus dans la cour des garages. Ensuite, un garde SS les arrose d’un jet d’eau glaciale. Beaucoup de détenus meurent de froid. Il faut préciser que les hivers, dans cette région, sont particulièrement rigoureux.


Des sévices en permanence à Mauthausen
La plupart des détenus du camp meurent par balles, par pendaison, des suites des coups reçus, de dénutrition, de maladie ou d’épuisement au travail.
De plus, les SS procèdent à une «sélection». Ils exterminent les individus, trop faibles ou trop malades pour travailler, dans la chambre à gaz du camp, dans des camions à gaz ou au château de Hartheim.
Dans le Revier, certains détenus reçoivent des injections de phénol ou font l’objet d’expériences médicales.

La résistance dans le camp de Mauthause
En juin 1941, des prisonniers, dénudés et transis de froids dans la cour des garages, manifestent le désir de créer un comité de résistance.
Ce comité s’organise autour de communistes espagnols. Il s’étoffe avec l’arrivée, dès le début de 1942, de prisonniers politiques, arrêtés dans toute l’Europe, dont des anciens combattants des Brigades Internationales.
Entre 1943 et 1944, un grand nombre de déportés français, de toutes convictions politiques ou religieuses, viennent renforcer le comité international. Ils œuvrent pour améliorer le sort des détenus.

La libération du camp de Mauthausen
Face à l’avance des forces alliées, les Nazis évacuent les camps de concentration situés à proximité du front. Début 1945, des convois, provenant des camps évacués d’Auschwitz, de Sachsenhausen et de Gross-Rosen, arrivent à Mauthausen. Dans le camp surpeuplé, de nombreux prisonniers meurent de dénutrition ou de maladie.
Les unités de la 11ème division blindée US libèrent les camps de Mauthausen et Gusen, le 5 mai 1945. À leur arrivée, plus de 15.000 corps jonchent le camp. Ils sont enterrés dans des fosses communes les jours suivants. Plusieurs milliers de prisonniers décèdent dans les semaines qui suivent la libération.
Sur près de 200.000 déportés incarcérés à Mauthausen, 100.O00 ont trouvé la mort. Mauthausen, à l’exception des camps d’extermination, est l’un des camps de concentration où le taux de mortalité a été le plus élevé.
Au début des années 1960, les corps enterrés dans les fosses communes rejoignent un cimetière aménagé à l’intérieur du mémorial du camp.

Paul Brusson, un rescapé du camp de Mauthausen
Je rends hommage à Paul Brusson que j’ai connu personnellement et qui était aussi un ami de mon père. Comme beaucoup de résistants, il a affronté le nazisme et a accepté de mettre sa vie en danger ainsi que celle de sa famille. Devenu « Passeur de mémoire », il a été actif dans l’association les Territoires de la mémoire .
De plus, Paul Brusson a, durant de longues années, accompagné des étudiants dans le camp de Mauthausen où il a lui-même séjourné. Ses témoignages, concernant ce camp, sont enregistrés sur des ipad. Ces derniers sont prêtés gratuitement, par l’association, lors de voyages à Mauthausen.

Infos pratiques
Le Mémorial est accessible aux personnes à mobilité réduite. Un ascenseur a été installé au fond de la cour des garages des SS.
L’entrée et le parking sont gratuits.
Pour de plus amples renseignements consulter le site web du camp.
Mise à jour le 20/10/2021